Le Rhône plein de PCB
Rédigé le 09-08-2007 à 15:59 par Romaric PETIT
Rien de nouveau sous les étoiles : le Rhône contient des taux de PCB (*) anormalement élevés depuis des années. Certaines régions sont régulièrement alertées sur des niveaux préoccupants et il est dès lors conseillé aux pêcheurs de ne pas manger les espèces du fleuve. Ce qui est nouveau en revanche, c’est que cette interdiction (jusque là appliquée de l'Ain à la Drôme) a été étendue mardi 7 août jusqu'à la Méditerranée. De quoi soulever quelques craintes...
Selon plusieurs dépêches : « Les préfets du Vaucluse, du Gard et des Bouches-du-Rhône ont signé un arrêté "en raison d'analyses défavorables", aux polychlorobiphényles (PCB). La baignade et les sports nautiques ne font en revanche l'objet d'aucune mesure restrictive, car le contact avec la peau et une brève exposition à ce produit ne présentent pas de danger. »
Cette année, la préfecture de la région Rhône-Alpes a annoncé que la teneur en PCB des poissons pêchés en différents points du Rhône a atteint jusqu'à sept fois le seuil autorisé par l'Organisation mondiale de la santé.
Ainsi l’extension de l’interdiction de consommer le poisson -jusqu’à la mer- semble justifiée. Des analyses auront lieu un peu partout jusqu’au petit Rhône, afin de connaître l’ampleur des dégâts et d’en déterminer les causes. Et même si on se fout clairement de notre tête en nous disant qu'elles "peuvent avoir des liens industriels mais aussi des causes domestiques du fait d'individus jetant leurs batteries à la rivière" (c'est comme si on disait c'est peut-être une bombe nuclaire qui a tout dévasté mais c'est peut-être aussi un gamin qui jouait avec des allumettes), cette pollution tend selon à démontrer une nouvelle fois le laxisme dont font preuve les autorités chaque fois qu'il s'agit de pollution de l'eau. .
On sait à présent que les PCB s’accumulent à deux endroits : dans les sédiments et dans les graisses des poissons, ainsi les poissons en haut de la chaîne alimentaire seront les plus touchés (silure, surtout, mais ausi tous les carnassiers).

Depuis 20 ans, date de sa naissance, ce poisson assimile cette saloperie.
Mais une fois de plus, plutôt que de s'inquiéter de notre faune et de notre flore, les médias nous conforteront dans ce réflexe égocentrique : "et nous ? Est-ce qu'on risque quelque chose ?" Alors la bonne nouvelle c'est que le viandard qui depuis des années rammasse tout ce qu'il trouve, -- pardon ce qu'il pêche, va enfin peu ou prou le payer. Que ça lui serve de leçon ! Et qu'il se retourne contre les APPMA et Fédérations pour porter plainte ! Elles n'ont pas fait leur boulot de protection du milieu, elles sont donc juridiquement responsables des maux du gourmand.
* (Les PCB ou polychlorobiphényls sont des dérivés chimiques chlorés, regroupant 209 substances apparentées. Entre 1930 et le début des années 80, les PCB ont été produits pour des applications liées aux transformateurs électriques et aux appareils hydrauliques industriels. Leurs propriétés remarquables en matière d’isolation électrique et de stabilité thermique, leur lubrification excellente et leur résistance au feu y furent bien utiles. Cependant, leur production a été interdite en 1985 lorsqu’il est apparu qu’ils présentaient un danger pour l’homme et pour l’environnement. Ils doivent être éliminés de manière contrôlée par des entreprises agréées de destruction des déchets et leur utilisation doit être définitivement arrêtée pour 2010.)



