Le Rhône plein de PCB : l'avis des experts
Rédigé le 20-08-2007 à 09:31 par rpc admin
Nous vous donnions il y a quelques jours l'information selon laquelle les poisons du Rhône étaient dorénavant interdits à la consommation, balayant au passage une tentative de communication aussi classique qu’éhontée, où l’on essayait de nous faire croire que les véritables coupables de cette pollution « pourraient être » tout simplement vous et nous, coupables que nous sommes parfois (il faut l’admettre) de se débarrasser de vieilles piles ou de batteries usagées dans l’eau des fleuves. Cette tentative de diversion autour du PCB, et bien au contraire revenons-y. La Tribune Le Progrès, célèbre quotidien rhône-alpin, publiait en effet ce week-end une interview de Thibaut Dauger, responsable de la division environnemental à la Drive Rhône-Alpes. On y lit noir sur blanc que le PCB provient d’entreprises (dont la célèbre Trédi, la seule aujourd’hui autorisée à rejeter du PCB dans le Rhône) qui ont durant des années « rejeté de grandes quantités de PCB ». « A titre indicatif, un simple transformateur au pyralène peut contenir 600kg de PCB presque pur ! ». En clair, le PCB aujourd’hui épouvantable dans nos assiettes provient d’années de pollutions successives et acceptables sur le Rhône, et même très en amont de Lyon (« Une des premières pollutions a été identifiée dans le lac Léman »), car le PCB n’est pas biodégradable. La France, au niveau européen, et les Français au niveau de leur santé, sont en train de payer le laxisme et les négligences criminelles des années passées (et les deux mandats de Jacques Chirac ont été sous cet angle l’une des pires catastrophes écologiques que l’Hexagone ait connu !). Avec l’Europe, seront mis à jour de plus en plus de cas avérés de tricheries et de dissimulations de la réalité toxicologique de notre patrimoine vert. Mais s’il y a bien sûr le mauvais côté de la chose, avec la prise de conscience que nous vivons dans une fosse sceptique, il y a aussi un bon côté à souligner : le no kill nécessaire que nous refuse la FNPF sera peut-être finalement imposé par le ministère de la santé !



