Le canal du Midi à vélo : bike, wind and fish !
Rédigé le 20-08-2007 à 12:29 par rpc admin
Avis aux sportifs, amateurs de vélo-fishing (traduction officielle : pêcher en faisant du vélo), le canal du Midi vous ouvre ses portes. J’ai tenté l’expérience cet été avec un groupe d’amis (j’étais d’ailleurs le seul pêcheur du groupe), et si vous recherchez l’aventure, le vent, un endroit pour pêcher et faire du vélo, c’est le canal du Midi qu’il vous faut, récit de voyage…
Le canal du Midi à vélo : bike, wind and fish !
Ou de Toulouse à Vlras-Plage, la pêche du sprinter
Texte et photos Pascal Barraillé
Jour 1, vendredi 13 juillet : Toulouse-Castelnaudary (environ 75 km)
Faire le canal du Midi à vélo était une idée qui me taquinait depuis un bon moment ; mon amie et moi décidons de partir avec des amis… L’objectif étant de profiter du paysage, de pédaler et bien sûr de prendre quelques poissons dans le canal. Départ vers 10h30 de la ville rose direction cassoulet-city alias Castelnaudary, environ 75 bornes. 8 vélos qui se suivent ça fait du monde sur la piste cyclable ! Tout le monde est content, on roule bien, ma canne est bien accrochée et mes leurres bien fixés sur mon porte-bagages. Arrêt repas à Ayguesvives, je tente ma chance (environ 20 mn), c’est la douille ! Rien ! Pas un poisson dehors : cranck’, beef (sic), spiner’ n’ont rien donnés. On repart, mais je ne peux pas pêcher : il faut pédaler pour ne pas être en retard au camping ce soir. Cependant, dès que je peux discuter avec des pêcheurs locaux je le fais et je m’informe sur la population piscicole du canal. De plus, le vent ne me permet pas de pêcher, environ 70 km/h dans la face selon la météo de la veille ! Je rencontre un carpiste un peu avant Castelnaudary, il s’apprête à passer la nuit et m’indique qu’il y a des carpes jusqu’à 17 kg ! Arrivé au camping j’ai très mal au cul, et là, nous constatons les dégâts : 5 d’entre nous ne pourrons continuer l’aventure le lendemain, des blessures dues au nombre de kilomètres et au poids que nous portons affaiblissent notre équipage.
Jour 2 samedi 14 juillet : Castelnaudary-Carcassonne (environ 45 km)
Nous repartons à 3, les 5 autres prennent le train direction Carcassonne. Le vent souffle de plus belle et il faut même pédaler dans les descentes ! Ca devient difficile, il y des vagues de plus de 30 cm sur le grand bassin de Castelnaudary, c’est chaud, je crois que la pêche c’est cuit aujourd’hui. On part en retard (aux alentours de 12h) à cause d’ennuis mécaniques. Finalement on décolle le vent est horrible et il faut appuyer sur les pédales alors que le mal au cul est de plus en plus violent ! ! ! Impossible de pêcher mais je regarde le paysage et surtout le canal, les postes sont bien marqués et parfois le canal s’apparente plus à une rivière : il serpente, il tourne… A Bram nous nous arrêtons à l’écluse de Béteille, pour casser la croute ! ! Discussion avec l’éclusier fort sympathique, qui, pêcheur lui-même, m’explique quels sont les carnassiers qui vivent dans le canal. Tous sont présents, même les Bass ; je savais qu’il y en avait à Toulouse, mais je ne connaissais pas d’autres spots. Selon lui il y a une grosse population de sandres, de perches et de brocs ainsi que les bass qui ont fait leur apparition il y a peu de temps ! ! Après une bonne heure de discussion, il faut repartir pour rejoindre la ville de dame Carcasse ! ! ! Le parcours est vraiment sympa, même s’il ne fait pas très beau. Le temps se lève enfin à Carcassonne où se déroule un concours de pêche au coup, et où les concurrents ont beaucoup de mal à garder leur canne droite avec ce vent ! ! ! Arrivés au camping aux alentours de 18 h, on retrouve le reste de l’équipe, nous sommes crevés, pas de fishing aujourd’hui, mais l’embrasement de la cité de Carcassonne…
Dimanche 15 juillet Carcassonne-Mirepeisset (environ 70 km)
L’équipe se désagrège : 2 ont décidé d’abandonner la veille, mais l’arrivée d’un nouveau participant va nous enlever une épine du pied. En effet, il est venu avec son véhicule, qui nous permettra de faire assistance puisqu’il y deux blessées qui conduiront la voiture pour nous assister et surtout porter les bagages. La matinée se passe bien, beau temps, mais encore du vent très fort dans la face ! ! ! Après avoir rencontrer sur la route une tortue de Floride, on arrive au bivouac à Marseillette, où je tente de prendre au moins un fish, mais c’est peine perdue, mise à part une tape sur un LS armée de triple (perche de storm), toujours la douille ! ! ! Un problème subsiste sur le canal : le grand nombre de péniches qui semble déranger les poissons ! ! On repart jusqu'au camping de Mirepeisset qui se situe près du Somail (dans le 34). Aqueducs, écluses et ponts-canaux se succèdent, et nous arrivons au camping qui borde une rivière, la Cesse, encore une occasion de tremper le fil ! Le soir même je repère quelques chubs et autres barbeaux (et barbeaux méridionaux) dans une eau cristalline, le lendemain, le repos s’annonce sympa pour la pêche.
Lundi 16 juillet, Journée de repos à Mirepeisset.
En ce jour de repos bien mérité, je décide de tenter quelques « chubs » ou perches avec mes leurres, le matin après avoir un peu mater la rivière, je lance un petit cranckbait rouge et j’ai déjà des tapes mais rien de bien concret, rien ne se pend… ça commence bien ! L’après-midi nous décidons d’aller au village, c’est là que je vois un canal qui vient de la Cesse et qui alimente le canal du midi plus loin. Après avoir vu un big chub, je tente ma chance, toujours avec ce petit cranck rouge orangé. Au troisième lancer, « pendu », une petite perche prend le leurre…elle doit mesurer 15 cm, ouf enfin un fish !
Mardi 17 juillet, Mirepeisset-Valras Plage. (environ 75 km)
Finalement nous ne terminons l’aventure qu’à 5 ! 75 km nous attendent, le mal au postérieur a disparu, il nous tarde d’arriver à bon port. Les premiers kilomètres se passent bien, arrivé à la séparation entre le canal du midi et le canal de la Robine, je repense à l’éclusier qui me disait qu’il y avait beaucoup de bass à cet endroit, pas le temps de pêcher, il faut pédaler ! Bivouac à Capestang, c’est l’occasion de pêcher à nouveau, le trafic est important et les poissons semblent être dérangés dans leur activité, donc rien again ! Direction Bézizers puis Valras… Je discute à nouveau avec des pêcheurs de sandre du terroir, qui m’expliquent qu’il n’y a que des poissons-chats, « heureusement qu’on peut s’amuser au silure sur l’Aude » avouent-ils ensuite ! Arrivés à Fonsérannes, nous regardons les 7 écluses successives qui permettent aux bateaux d’aller vers Toulouse ou de descendre vers la mer. Puis on emprunte le pont-canal sur l’Orb et en regardant vers la rivière, je distingue un énorme bass qui se situe près de la pile du pont, impossible à prendre ! ! ! Arrivés à Valras à 19h, tous le monde est crevé, même mon VTT ! ! !
Conseils et précautions à prendre : Utilisez un VTT ou un VTC car s’il y a une piste cyclable de Toulouse à Port-Lauragais, le reste du trajet se fait sur un chemin avec pierres, racines et terre. Contrairement à nous, essayez de faire moins de kilomètres par jours surtout si vous n’êtes pas habitués à pédaler de longues heures, de plus, vous aurez plus de temps pour pêcher. Emmenez le strict minimum en ce qui concerne le matos pour camper et pour se changer même pour pêcher. Pour l’hébergement, une autre solution est possible, les chambres d’hôtes, ça coûte plus cher mais vous avez moins à porter. D’autre part, le mieux est d’équiper votre vélo avec un porte-bagages qui permet aussi de porter des sacoches bien utiles pour ne pas se ruiner le dos avec un sac trop lourd. N’oubliez pas une trousse de secours toujours utile en cas de blessures.
Vous pouvez trouver des infos sur le canal du midi à cette adresse : www.canalmidi.com, par ailleurs, nous avons utilisé ce livre : Philippe Calas, Le canal du midi à vélo, Aix en Provence, Edisud, 2001, 2004, 2006.
Bon voyage et bon courage ! !



