Steet Fishing
Rédigé le 08-01-2008 à 11:05 par rpc admin
Si vous ne pouvez aller à la pêche… C’est la pêche qui vient à vous !
Et si la vie actuelle, en ville, ne vous empêchait plus de pêcher à l’aise et dans une autre dimension ? Une bétonnée d’ambiance ? C’est possible ! Rendez-vous d’adrénaline avec les poissons en pleine urbanisation, au milieu des citadins, éberlués, ou incrédules ou même simplement étonnés, admiratifs et surtout très curieux !
Pourquoi les voitures, les rues encombrées, les gens courants de partout et nulle part, le bruit de fond, les odeurs, les chiens en laisse, vous arrêteraient-ils dans votre passion ? Pourquoi ne pas transformer ce qui peut vous paraître au départ un frein, en un formidable atout ? Car en fait, en réfléchissant un peu, les voitures ne sont pas sur les trottoirs des ponts, les gens vous boostent par leur enthousiasme, et le bruit de la ville couvrent vos déplacements de spots.... A portée de votre habitation, vous POUVEZ PECHER sans problème !
Une canne, deux tout au plus (une spinning, une casting) une pochette ceinturée bourrée de leurrres souples et poissons-nageurs, quelques têtes plombées (car oui le leurre souple en ville est très efficace !) un appareil photo, et une bonne dose d’humour pour vous adapter aux panneaux, aux chiens vous renifflant, aux passants, à la circulation, et le tour est joué !

Que ce soit une grande ville comme Chartres, ou un village de province comme Bonneval, ou des quais de Seine à Paris, ou de ceux de Corbeil-Essonnes, à chaque fois les fishs ont donné un maximum, et l’intérêt des gens amassés autour de notre matériel et de nous ( un peu extra-terrestres sur le coup ), ont ajouté au charme de cette pêche épique et sympa !
Le comble, c’est que j’ai vu pêcher mon fils sur un pont au centre d’une famille de cygnes, en pleine vieille ville de Chartres et qu’en face de lui…un papy dans son centre d’accueil pour personnes agés, était déjà lui depuis quelques heures, à pêcher au coup des gardons de sa fenêtre ! Ce n’est donc pas un engouement si fashion et nouveau puisque les « anciens » le font depuis longtemps, s’étant adaptés à leur lieu de résidence…Voyez plutôt sur la photo ! J’ai souri, j’avoue, même si je suis du genre « no-kill » en voyant ce pépé ramener à sa fenêtre son poisson, tranquille Bill, relax max, et l’assener d’un bon coup de force, puis de le passer directement à la casserole sous nos yeux éberlués ! Pendant ce temps Matthieu sortait une belle perche de son trottoir, au flike shake en « do-nothing » ou en « shaking » en texan..tout est possible avec les carnassiers des rivieres qui traversent les villes !

Car l’immense avantage de pêcher en ville, réside dans le fait de trouver des perches, des brochets et mêmes des black-bass (l’Eure à Chartres en est peuplée grâce à B.B.F. qui empoissonne de beaux Bass les eaux naturelles des villes) qui sont non-éduqués !
En effet, la plupart des gens pensent que c’est impossible de pêcher en plein carrefour, au centre des quartiers de restaurants, terrasses et magasins, donc les poissons sont rarement leurrés et pêcher ( étaient rarement leurrés devrais-je dire, car les jeunes et moins jeunes ont pris le vent en poupe, et de plus en plus, nous pouvons voir des « street-fishers » en pleine action !Que cela soit à Paris sur les bords de Seine, à Strasbourg en compétition (l’Open de Strasbourg a remporté un franc succès !) les rues, les ponts, les trottoirs se parsèment peu à peu de pêcheurs joviaux et remplis d’allant !

En ville, j’ai vu des chevesnes, des brochets, des perches, des bass, des sandres, du blanc évidemment, tous les types de fishs sont présents et autorisent donc tous types de pêche ! Les sorties de vannes de moulin, les rivières longeant les hôtels, les péniches navigant, les habitants, rien n’empêche de pêcher, bien au contraire !
Le côté fun, c’est qu’en plus, involontairement, en pêchant dans les rues, on relance l’envie de pêcher aux personnes qui vous voient sortir du poisson, la pub des leurres et du no-kill se fait toute seule, et on rencontre des êtres différents de tous bords.. Nous avons été interpellés par des tourismes japonais et d’autres espagnols venus visiter la cathédrale de Chartres, par des photographes amoureux des cygnes, par des « petits vieux » curieux et profitant, tout en posant des questions, de nous raconter leur vie de pêche, par des adoslescents qui trainaient leur ennui et se sont approchés sur la défensive, et qui on finit par rester avec nous, bref tout un panel de personnes encore « gamins » dans leurs têtes, avides de voir et découvrir ! Vous ne me croirez pas, j’ai même eu à faire à une « folle » échappée de l’hôpital de psychiatrie de Bonneval, poursuivie par les médecins en blouse blanche en voiture, qui nous a croisée, dans son monde à elle, mais direct sur nous quand même ! Les pêcheurs en ville attirent les badins, c’est ainsi et c’est bien !

De là, suivent discutions, comparaisons, questions, demandes de marques de leurres qui fonctionnent sous leurs yeux, conseils de maniement, adresses de magasins de pêche, et tutti chianti..
Alors quand en plus vous faites de photos, ils veulent les voir et repartent aussi contents que nous !
Le côté vraiment sympa dans le « Street fishing » c’est de ferrer un beau poisson en pêchant d’un trottoir, dans le bruit, sur des pavés, dans une eau qui pourrait paraître au départ vide de tout poisson, derrière un parkmètre, ou à côté d’un gendarme, devant les portes d’entrée d’une cathédrale, au milieu de pédalo ou mini-barques, devant des personnes dégustant leur café du matin, traverser les poubelles du matin avec ses cannes en mains d’un bon pas, au milieu de déménageurs, assis sur un pilier de coin de pont ou une borne rouge pour les pompiers !
Cela donne un côté irréel génial, une ambiance « space » en fait tout l’opposé mental que l’on se fait de la pêche au prime abord…Et ça mord ! d’enfer !
Matthieu a sorti une dizaine de perches, des chevesnes à profusion avec son ami Danny qui lui a sorti un sandre et même une chauve-souris rasante au jour couchant, des brochetons aussi plusieurs à chaque sorties, 4/5 blacks-bass, les rivières en ville sont prolifiques, essayez, c’est vraiment extra !
J’ai vu mon ami Thierry se faire plaisir, à genou sur un bord de pont, entre deux balconnières de géraniums, s’éclater aux perches de Bonneval !

Que ceux qui pensent ou clament qu’ils ne peuvent pas pêcher parce qu’ils n’ont pas les moyens logistiques de sortir des villes, de faire des kms, que c’est trop long d’aller se rendre en campagne, les bouchons à supporter en rentrant, qu’en ville les rivières sont des baignoires, je leur dis haut et fort, en toute assurance, c’est FAUX ! Allez-y, foncer ! Même pas besoin de bottes en caoutchouc ! En costume, en tailleur, en sport swear, sortez légers, une seule canne suffit déjà pour vous faire plaisir ! Cherchez, découvrez les bons spots derrière une ruelle, entre deux sonos de 14 Juillet et des éclairages publics, face à un square ou au centre d’une rencontre d’accordéonistes, rien n’arrêtent les fishs pour sauter sur vos leurres…Maniez bien….vous allez vous marrer je vous le jure !
Le pire... (ou le meilleur ?) c’est qu’ensuite le Street fishing vous prend les tripes, et on ne pense qu’à une chose... y retourner en sortant du boulot le lendemain ! Vous m’en direz des nouvelles… mes deux mains à couper !
Sophie Schöttler




