PCB et impact sur l’homme
Rédigé le 16-04-2008 à 12:36 par rpc admin
Le dossier des PCB n’est pas prêt de se refermer. Alors que les contaminations de poissons s’avèrent préoccupantes, interdisant certaines consommations sur le Rhône jusqu’à son Delta ainsi qu'en Seine aval, on se penche à présent sur l’impact humain. En effet, une étude sur la santé humaine vient d’être lancée par l’Agence française de Sécurité Sanitaire. C’est en fait la première étude sur la santé de l’homme faite sur les pêcheurs de loisir.
A noter que dorénavant, il s’agit aussi de relocaliser les pêcheurs professionnels. Ces deux dossiers sont entre les mains des pêcheurs de loisir. Nous relayons l’information de la FNPF au travers des lignes que vous allez lire. Vous trouverez sous -forme de PDF joint- un instructif rappel historique concernant la pollution aux PCB en France. Il vous suffira de cliquer sur « En savoir plus » en bas de page.
PCB : La première étude d’impact des PCB sur la santé réalisée auprès des pêcheurs de loisir
Dans le cadre de la mise en œuvre du Plan National d’Actions sur les PCB et afin de faire avancer les débats et les connaissances sur le PCB, la Fédération Nationale de la Pêche en France a proposé son appui et son aide au ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du développement durable et de l’Aménagement du Territoire (MEEDAT) afin que soit réalisée une véritable étude d’impact des PCB sur la santé de l’homme. Le ministère a retenu cet avis. L’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments devrait effectuer des analyses de sang auprès d’un vaste échantillonnage de pêcheurs de loisir volontaires exerçant leur loisir dans les zones touchées par les PCB, ainsi que dans les zones reconnues indemnes.
Il faut rappeler que les pêcheurs de loisir sont en première ligne et susceptibles d’être parmi les plus exposés au risque des PCB sur la santé.
Cette étude importante, jamais encore effectuée par un organisme gouvernemental, va s’étaler sur cinq ans. Les résultats permettront de lever, ou pas, le principe de précaution appliqué à la consommation de certaines espèces de poissons, actuellement mis en place sur le Rhône, l’aval de la Seine, le lac d’Annecy, le lac du Bourget et le lac Léman.
Les autres conséquences des PCB : attention à la relocalisation des pêcheurs professionnels !
Les arrêtés préfectoraux, pris dans la Savoie, la Haute Savoie, le Rhône et l’aval de la Seine, interdisant la pêche de l’omble chevalier ou de l’anguille (Rhône et aval de la Seine) en vue de leur consommation et de leur commercialisation, ont d’autres répercutions que celles d’interdire à une poignée de pêcheurs professionnels, sur la vingtaine qui subsistent encore en France, de commercialiser le poisson d’eau douce !
Le MEEDAT souhaite relocaliser les pêcheurs professionnels dans des sites jusque là épargnés par ce type de pêche. Or ces rivières et fleuves du domaine public, déjà loués aux pêcheurs de loisir (au nombre d’1,6 millions en France), ne sont pas viables à accueillir les pêcheurs professionnels. Ces derniers, au vu du nombre de prises qu’ils effectuent chaque jour, risqueraient de remettre en cause les principes d’une gestion équilibrée de la ressource, dans le respect des écosystèmes aquatiques.
Une réunion a été organisée le 8 mars dernier par la Direction de l’Eau du MEEDAT, avec les représentants de la Fédération Nationale de la Pêche en France, les représentants des pêcheurs professionnels et l’ONEMA. Le Conseil d’Administration de la FNPF s’est réuni à ce sujet et a affirmé le refus catégorique de voir s’installer les pêcheurs professionnels dans certains sites proposés par l’Etat. Le principal argument qui apparait à l’analyse est la faiblesse de la ressource exploitable.
Ce n’est pas pour autant que les pêcheurs amateurs doivent être considérés comme irresponsables et peu en clin à l’écoute des problèmes humains engendrés. Cependant, ils veulent rappeler qu’ils sont, tout comme les professionnels, les premières victimes de cette pollution et que la pêche de loisir représente une activité sociale, économique et environnementale de premier plan dans beaucoup de régions. Aujourd’hui, les préoccupations économiques et sociales doivent être compatibles avec l’environnement, autre pilier du développement durable qui ne saurait être sacrifié. Un plan social est nécessaire mais il n’est ni de la responsabilité, ni de la compétence, des pêcheurs amateurs.
Doit-on nuire à l’environnement et à la préservation de la biodiversité aquatique pour permettre à quelques clients de manger à tout prix des poissons d’eau douce ?
Le cas des PCB dans le lac d’Annecy, du Bourget de Léman, du Rhône et de l’aval de la Seine. La FNPF souhaite également ajouter quelques précisions concernant les cas des trois lacs de Savoie, de Haute-Savoie, le Rhône et l’aval de la Seine. Les analyses effectuées par les services de l’Etat ne concernaient qu’un très faible échantillonnage de poissons.
En Haute-Savoie :
Dans le lac d’Annecy : une analyse a été effectuée à partir d’un petit lot de poissons prélevé sur les prises des pêcheurs professionnels. Cinq ombles chevaliers, six féras, cinq perches, trois lotes ont été analysés. Seul un omble chevalier a été contrôlé avec un taux supérieur à la norme européenne (8 pico-grammes par litre de sang).
Dans le lac Léman : le même échantillonnage a été effectué. Un seul omble chevalier a été contrôlé au dessus des normes européennes.
En Savoie :
Dans le lac du Bourget : quatre espèces ont été analysées (deux lavarets, six lotes, six perches, deux ombles chevaliers). Seuls les deux ombles chevaliers ont été contrôlés au dessus des normes européennes.
Les eaux des deux lacs, sur lesquelles des analyses ont été effectuées, ont confirmé l’absence des PCB.
La FNPF rappelle que la pêche de loisir n’est pas interdite (voir le communiqué de presse des préfectures concernées). Seule la consommation de l’omble chevalier ou de l’anguille l’est.
Dans le Rhône et l’aval de la Seine : Seule l’anguille présente des taux supérieurs aux normes européennes de PCB et est interdite à la consommation.
Contact presse : Julie Miquel, Fédération Nationale de la Pêche en France. 01 48 24 84 75. J.miquel@federationpeche.fr



