Predators N°11 // SEPTEMBRE OCTOBRE 2007
EXTRAITS
SOMMAIRE
P06 Informations
P14 Reportage : les grands salons internationnaux
P20 Crast test : le Side Imaging, par Denis Curot
P24 Compétitions
P28 Carnet de voyages : Jungle Fishing
P34 Carnet de voyages : Coup de Pô ! par Roland Petri
P36 Grog game par Ryusuke Hayashi
P40 Carpes au leurre par Guillaume Martino
P44 Predators Selection : les coloris de leurre souple
P46 Le clonck n’a pas fini de faire du bruit !
par Franck Hiribarne
P50 Predat’Or
P54 Finesse fishing, l’inéluctable avènement
par David Dubreuil
P58 Pêchez en finesse ! par Guillaume Martino
P66 FariObjectif par Thomas Cavaillé
P68 Mastaaaaa ! par Jean-Christophe David
P75 Abonnement
P76 Boating : les moteur électriques par le floating crew
P77 Kezako ? Le trolling motor par Renaud Theis
EDITO
Les Américains ont un Kramer,
nous avons des cramés…
Nous interviewions récemment pour river-predators.com Rob Kramer, président de l’IGFA, afin de lui poser cette question : que pensez-vous de la volonté française d’imposer désormais un permis de pêcheen mer ? Et bien figurez-vous que sa réponse nous surprit : il trouvait cela très bien…
Mais dès qu’il commença à dérouler son argumentation, nous comprîmes aussitôt où se situait le malentendu : Mr Kramer, pourtant féru d’exotique, ne connaît pas l’espèce dirigeante française.
Il pense tout simplement qu’en obligeant les pêcheurs à prendre une carte, ils seront ainsi comptabilisés, permettant ainsi à la FNPF de faire valoir auprès des autorités publiques le poids de ce sport. Qu’il est naïf…
Permettez-moi, alors, Mr Kramer, de vous présenter la France halieutique telle qu’elle est dirigée. D’abord, chez nous, on ne parle pas de sport mais de “loisir récréatif” (les Fédérations représentant les divers types de pêche en France ont fusionné en empruntant l’appellation grotesque, contre-productive et réductrice pour les pêcheurs de “pêche récréative”) : la pêche chez nous n’est rien qu’une récréation à l’usage des désoeuvrés, des nuls, des fainéants du dimanche, des vieux
et de leur petit-fils.
Pleutre…
Ensuite, jamais la FNPF ne s’est saisie de l’argument du lobbying car elle n’en a jamais fait (sinon pour elle-même, sacrifiant au moment de la Loi Pêche tous les pêcheurs au sauvetage de sa petite cagnotte et de ses petits avantages), trop couarde qu’elle est de vexer un ministère, et l’un de ces fonctionnaires susceptibles de la jeter en représailles en pâture à Bercy.
Avide…
Enfin, la FNPF ne s’intéresse ni à ce que la pêche prélève de pouvoir d’achat (son poids économique), ni à ce qu’elle laisse à ce pouvoir d’achat (ce qu’elle coûte à un pêcheur). De la première, la FNPF n’a que faire (ne touchant rien dessus), et de la seconde fait fi chaque année en compensant la diminution du nombre de cartes vendues par une hausse significative du coût du permis (accélérant en cela cette dévolution).
Et incapable
Aussi, Mr Kramer, voici ce qu’il se passe : totalement en faillite et coupable d’une gestion abominable, la FNPF va pourtant faire comme certains grands patrons : elle va s’augmenter. Elle va obliger les pêcheurs en mer, qui sont nombreux parce qu’ils n’ont jamais eu affaire à elle, à passer à la caisse afin de se renflouer. Ensuite, elle va se mêler de pêche en mer comme elle s’est mêlée de pêche en eau douce, et va certainement abîmer l’autre grande force halieutique française…
Mais rassurez-vous, Mr Kramer, en France on a aussi une vision et une gestion plus globale de la pêche : à la FNPF siègent aussi les pêcheurs professionnels. Et si vous pensez que c’est comme si
Al-Quaida siégeait à l’ONU, je dirais quant à moi que la comparaison est abusive : l’ONU est une institution respectable.
Numa Marengo, predator en chef